Oui, la révolution Trumpetérienne et non schumpetérienne …. Vous avez bien lu. Schumpeter démontre qu’après un cycle économique d’innovations majeures, marquées par des innovations de rupture, après la phase créatrice d’emplois, on entre dans une phase de dépression et finalement de « délocalisation » (pour Schumpeter les entreprises sont chassées, dépassées) et donc destructrice d’emplois. Si le professeur d’économie constate, l’homme d’affaires Trump met les mains dans le cambouis et agit.

Depuis l’élection de Donald Trump le 8 novembre, par le volontarisme de relocalisation d’emplois du président élu, le dollar a remonté, comme le baril de pétrole, les taux d’intérêt, l’inflation, c’est la fin de l’alignement des planètes pour la France tout au moins. En 140 signes sur Twitter, comme autant de signaux faibles … ou forts, Ford en novembre, General Motors en janvier, relocalisent des centres de production prévus au Mexique aux Etats-Unis. Comme Boeing, Carrier, Lockheed Martin, … Honnêtement, les relocalisations datent de plus de deux ans tant le tarif horaire des ouvriers chinois en forte hausse régulière se rapproche de celui des américains et lente baisse régulière. Le pragmatisme du président élu impressionne par son efficacité.

J’avais développé dans cette chronique l’idée d’un nouveau Nouveau Monde depuis « 1992 » dans lequel nous étions entrés, faisant suite au Nouveau Monde de 1492. La Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil … le confirment. Le monde né en 1492, le monde des européens s’est éteint. Nous devons l’admettre. Un exemple : l’OMC, ultime vestige d’un idéal dépassé créée en 1994, ne sert à peu près plus à rien depuis 15 ans. Même sa présidence n’est plus enviée. Et Trump menace d’en sortir. Ce sont les accords directs d’Etat à Etat qui l’emportent. La crise syrienne en est une autre illustration à l’ONU.

La prospective des Etats dépendant des grandes entreprises et des organisations internationales, est une erreur de scénario. Et c’est l’inverse qui se réalise. Un effet de balancier que les européens urbains refusent de voir et appellent nationalisme ou populisme, mais qu’expriment les européens (et les américains) péri-urbains qui l’appellent protectionnisme. Les médias font l’opinion, les électeurs la démocratie …

C’est tout un logiciel de pensée européo-centré qu’il faut modifier. Finalement Trump est le complément d’action directe de Schumpeter. « Make America great again », c’est du Schtrumpeter. On ne fait que commencer à parler du schtrumpeterisme.