Ce questionnement mérite une explication. Le premier c'est le suffixe « cène ». Ce suffixe désigne un temps géologique. Il est convenu que le dernier temps géologique dans lequel nous vivons en est le l’holocène. Mais au moins depuis l'invention de la machine à vapeur à la fin du XVIIe siècle, les spécialistes considèrent que l'on est entré dans l'anthropocène, l'époque où l'homme domine la nature.

Que l'homme domine nature est aujourd'hui un fait acquis. Il s'agit de la nature sur la Terre. Nous trouvons normal que l'homme exploite ou entretienne les forêts, cultive la terre, et même que de larges espaces sont occupés par des routes, des voies de chemin de fer, des canaux et bien sûr des villes. Bref, il existe peu d'espace, comme dirait Coluche, « où la main de l'homme n'a pas mis le pied ». Bien sûr il ne s'agit pas de la domination des vents, des pluies et tous ces phénomènes qui entourent la Terre.

À cette domination de l'homme est aussi technologique. Est surtout technologique. Nous avions par ailleurs http://urlz.fr/4Le4 traité la question de savoir si nous allons vers l'homme augmenté ou vers les machines qui dominent l'homme, vers le Cyborgcène, ou le Robotcène.

La question qui se pose aujourd'hui est celle du chatbot. Le chatbot est un robot conversationnel auquel on s'adresse oralement comme Alexa de chez Amazon sur l’appareil Echo, sur l'ordinateur, Internet, ou le mobile. En toute état de cause cette intervention numérique est supposé nous aider pour choisir un film et un restaurant, pour allumer un four, allumer la lumière, ouvrir sa voiture mais demain la conduire. Alexa d'Amazon on est le symbole d'où cette appellation Alexacène.

Dans toutes les approches que l'on voit sur le monde futur, une faible partie de l'opinion, des passionnés du numérique, plaide pour le débranchement des chatbots. Quand bien même ce point de vue se développe, il n'en pêche que de manière générale, il y a le souci de la rencontre avec l'autre du partage, donc de l'émotion. Et le symbole de ce partage peut-être en BlablaCar. Pour celui qui héberge un passager, ou plusieurs passagers dans sa voiture, à de très rares exceptions, il n'est pas question de gagner de l'argent. Il est plutôt question de partager un moment. BlablaCar et donc le symbole dans le numérique de cette économie du partage, de la rencontre, de l'émotion. Face a Alexacène il y a donc Blablacène.

Je n'ai pas de réponse définitive à l'une ou à l'autre de ces hypothèses. Il y a au contraire cohabitation de ces deux mondes. Mais justement, n’envisager le monde de demain que sous l'angle d'Alexacène, que l'on pourrait appeler aussi la Speakularity, le temps de la parole, serait une profonde erreur.

Les Gafa et Microsoft travaillent sur Alexacène, chacun a son nom de chatbot. Ils sont sur les marchés les plus importants, les plus nombreux, les plus mondiaux.

C'est le talent de la France, et des Européens d'une manière générale, de développer l'autre marché. 27 pays avec 27 langues ont la nécessité de savoir se parler, de savoir s’écouter, de savoir se comprendre. D’ailleurs, demain, vous prendrez un taxi sans chauffeur, un taxi autonome ? Ou parfois vous aurez envie d’une présence humaine, d’un blabla taxi ?

C'est le marché du blabla, du Blablacène. Un grand marché en devenir.

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