Après le gel dans la nuit du 26 au 27 avril 2016 (20% des vignes concernées), la grêle le 13 mai (10%) et à nouveau le 27 mai, le Chablis a subi de très gros dégâts. Le gel avait concerné le tiers du Bourgogne mais aussi le Val de Loire, le Champagne et même la Provence. La grêle du 27 mai a aussi concerné des milliers d’hectares du Cognac. Les pertes financières sont importantes et les viticulteurs sont peu assurés. Contre le gel, il y a bien eu des « chaufferettes » pour chauffer les ceps, des aspersions de brume d’eau pour créer une coque de glace protectrice autour des bourgeons. Contre la grêle, il y a bien des filets anti grêle. Toutes ces protections sont coûteuses en main d’oeuvre et en investissement. Or la marge à l’hectare est élevée. Et plus le temps passe, plus elle augmente tant ces vins sont mondialement réputés avec un nombre de consommateurs en constante augmentation.

Certes, à partir de 2016, la surface du vignoble en France pourrait augmenter chaque année de 1%. Mais globalement le vignoble mondial accroit ses surfaces et sa production. Reste que le vignoble français domine par sa qualité qu’il est sans cesse en devoir d’augmenter et garantir.

Dès lors, comment protéger les vignes, comment lutter contre les aléas climatiques qui se multiplient ?

Ce que l’on fait à Londres ou à Pékin – faire pleuvoir ou déplacer des nuages - on peut le faire pour les vignobles ; c’est un choix économique. Concernant les mégapoles, dans les 20 ans qui viennent, celles-ci auront les moyens et la volonté de préserver leur air. Paradoxalement, ces sont les mégapoles qui seront les espaces les plus sains. Ainsi Airparif (11 mai 2016) a constaté des niveaux de pesticides comparables dans la région Ile-de-France en ville comme en zone agricole. Ce n’est pas le stockage de certains produits interdits par des particuliers en ville qui détermine cette proximité de niveau mais bien les vents qui répandent les pesticides agricoles en ville. D’ici peu, d’une part la réglementation limitera et conditionnera l’utilisation des pesticides agricoles, d’autre part les villes contrôleront la répartition aérienne de ces pesticides. Les mégapoles deviendront des espaces de plus en plus artificiels que l’homme comme les vents, les précipitations, la pureté de l’air, etc.

Ces techniques de maitrise relative des excès du climat trouveront des applications plus ponctuelles par exemple dans les régions de vignobles et pourquoi pas dans le Chablis. Soyons rassurés pour demain. À votre santé … modérément.

Mon dernier livre sorti en mai 2016 Notre futur anticipé par les signaux faibles