Ce lundi 23 mai, je prends ma voiture pour aller dans l’Est de la France. Et comme souvent, j’ai un passager via BlaBlaCar. Chaque passager – ou blablateur – est une page de vie. Ce garçon a 19 ans, il est étudiant en BTS à Versailles, et vient de la région d’Argenteuil. De sa classe de terminale, il est le seul à faire une formation diplômante. Les autres merdoient en fac, perdus dans un univers où ils sont livrés à eux-mêmes, incapables d’organiser leur travail. Ils quittent la fac pour trouver un travail, un petit boulot. « Les autres », ce sont les garçons. Les filles sont plus organisées, sortent moins et étudient mieux. Les études INSEE confirment ses propos.

L’éducation en France est dans un état catastrophique. Nous en convenons Et cela commence dans le primaire. Une idée nous vient : et si tous ces retraités qui arrivent sur le marché devenaient disponibles pour les écoles, s’ils venaient soutenir les instituteurs, pardon, les professeurs des écoles (j’ai l’impression que depuis que ce mot – instituteur - a disparu, l’école est en baisse) aussi bien pendant les heures de cours, qu’après. Bénévolement. Mais pour sauver non pas l’école mais les élèves ! Un plan Orsec de l’école en quelque sorte. Pas besoin de lois, juste de la foi et de l’opérationnalité immédiate. On prend bien n’importe qu’el diplômé pour enseigner !!!

Je l’interroge sur sa formation : technicien machine. Il veut réparer les machines. Formidables ! dis-je, vous trouverez toujours du travail. Plus il y aura des robots, plus il y aura de techniciens machines. Dans la Guerre des Etoiles les machines n’ont pas besoin d’entretien, pas dans la vraie vie. James Bond ne va jamais aux toilettes ni ne mange. Pas dans la vraie vie. Tous les pays qui jouent les premiers la carte des robots sont en plein emploi (Allemagne, Japon, Corée, …). Et que va-t-il faire dans l’Est ? Son père achète des machines d’occasion, les remet en état et les revend dans des pays arabes comme l’Egypte où ces machines remises à neuf ont un niveau de performance attendu. Il va voir si une machine proposée vaut la peine d’être achetée. Cela me rappelle un ami qui récupérait des usines considérées comme dépassées en France et les installait en Afrique. Et cela me fait penser à la Logan que Louis Schweitzer avait du imposer à son bureau d’étude Renault : le marché n’est pas fait que des derniers modèles, les plus techniquement d’avant-garde. Il ne faut pas perdre de vue que le rapport qualité/prix/usage n’est pas que pour le plus haut de gamme …

Les trois heures se sont vite écoulées et l’un et l’autre nous sommes réciproquement enrichis. Signaux faibles ou forts …

Je repars en plongée. Rendez-vous la semaine prochaine … pour démontrer l’inverse.

Mon dernier livre sorti en mai 2016 Notre futur anticipé par les signaux faibles