« One more thing » disait Steve Jobs en fin de conférence (« keynote ») pour annoncer l’essentiel …

Mon métier est prospectiviste et conférencier. Chacune de ces chroniques est potentiellement un sujet de conférence. J’interviens le plus souvent en entreprise. Les entreprises me demandent de quoi leur futur sera fait. Corrigeons : leurs futurs. Elles ne demandent pas de la conversation de comptoir, de la science fiction. Elles demandent des faits objectifs qui peuvent les aider à imaginer leurs futurs. Je me fonde sur les signaux faibles. Et l’analyse des signaux faibles ouvre aux futurs, à des hypothèses de prospective, dans un sens comme dans le sens inverse. La prospective ouvre aux futurs, la stratégie de l’entreprise choisit un futur.

Evidemment, intervenir devant 10 personnes n’est pas intervenir devant 200 ou 1.000 personnes. Disposer de 14 mn est différent de disposer de 40 mn et de répondre à des questions pendant 40 autres minutes, voire de disposer de 2 heures, de 4 heures. Chaque format connait sa préparation, sa réponse. L’entreprise attend avant tout de l’éveil et de l’argumentation. Elle attend de l’ouverture. Une remise en cause de ses acquis. L’entreprise attend que les équipes modifient leurs regards sur leurs quotidiens, sur le présent, voire sur le futur en marche ; il faut être le premier, pas la copie. Les attentes de la conférence sont fortes, elles ne doivent pas être déçues car le temps est précieux.

La conférence est un format qui se prête très bien à l’exercice. Dans la postface, Christine Morlet, détaille avec talent le métier de conférencier.

Dans un temps court, les participants reçoivent de nombreuses informations, tant en questionnements qu’en réponses, mémorisées par aphorismes ou images chocs. Pratiquer une étude de prospective sur trois ou six mois sera plus complet, certes, mais ouvrir au futur dans le format conférence aide à découvrir et éclaircir les futurs. C’est souvent inattendu et encourageant. L’exercice régulier de rédaction de la Lettre des Signaux Faibles et de la chronique de La Tribune m’oblige à imaginer les signaux faibles et les futurs en langage très compréhensible et mémorisable.

C’est dans ce contexte qu’il a fallu élargir le recueil de signaux faibles aussi bien au technique qu’au social, à l’économique, à l’environnemental, à l’individu, au politique, à l’international, etc. Les signaux faibles que l’entreprise veut entendre se doivent d’être les plus récents. C’est dans cette attente de prospective, de futurs qu’il faut apporter à l’entreprise des réponses originales, adaptée à sa personnalité, différentes du « politiquement correct », des poncifs habituels. Le futur n’est pas subit, c’est un choix.

Ce recueil de chroniques est quasiment autant de sujets de conférences. Bonne lecture et imaginez la conférence qui va avec …

Notre futur anticipé par les signaux faibles. Editions Kawa, 2016.