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La loi Norcam après la loi Macron

Classiquement, dans un exercice de vision, de prospective, je demande aux entreprises « si vous créeriez votre entreprise aujourd’hui, que serait-elle ? ». Les réponses des entreprises vont d’abord sur ce qu’elles ne feraient plus, puis sur ce qu’elles anticipent. Gap qui ferme 175 magasins, le quart du réseau, ne se multiplierait pas dans tous les centres commerciaux américains, s’affirmerait sur Internet et créerait une collection par quinzaine. En 2006 - il y travaillait depuis 5 ans au moins - Elon Musk annonçait pour 2011 une révolution pour l’industrie spatiale. Sa démarche ne fut pas d’améliorer par benchmark les meilleures pratiques de l’époque donc Arianespace, mais d’imaginer les besoins de l’espace à 2015 au moins et d’y répondre : industrialiser les lancements de satellites et de microsatellites. Résultat : SpaceX met un satellite sur orbite à moitié prix de Arianespace (60 millions de dollars contre 120) avec une qualité comparable. Créer son entreprise aujourd’hui, c’est se débarrasser des scories du passé, partir des fondamentaux de son métier et s’imaginer à 10 ans pour être le premier et non la copie.

La loi Macron fonctionne par benchmark : comment améliorer l’existant en se fondant sur les bonnes pratiques. Elle concerne un pays et concilie – même avec le 49-3 – différentes sensibilités politiques. Pourtant – et c’est bien la première fois que cela a lieu – il y a un appel de au retour aux fondamentaux…

Robert Badinter, ex-garde des Sceaux et ancien président du Conseil Constitutionnel et le juriste Antoine Lyon-Caen (membre de la commission Combrexelle sur le dialogue social en entreprise, rapport attendu en septembre prochain) proposent un retour aux fondamentaux pour le Code du travail par refonte du corpus du Code en 50 articles contre 8.000 actuellement !. Badinter et Lyon-Caen constatent que Macron 1, puis Macron 2, puis … n’iront ni assez vite, ni assez loin et finalement n’iront pas à l’essentiel. Ils font du Musk : se débarrasser des scories du passé, revenir aux fondamentaux. C’est la première fois qu’un appel est lancé en France à ce niveau de compétences pour que le pays revienne à l’essentiel. Badinter et Lyon-Caen interpellent l’État comme d’autres le font avec les entreprises : « si vous créeriez le Code du travail aujourd’hui, que serait-il ? ».

Badinter et Lyon-Caen ne veulent pas passer la France au polish, à la loi Macron, au contraire ils veulent revenir aux fondamentaux et faire la loi Norcam. Il restera à la France comme pour Musk de s’imaginer à 10 ans au moins pour être la première et non la copie.

Je repars en plongée. Rendez-vous la semaine prochaine … pour démontrer l’inverse.