« Soumission » de Michel Houellebecq (chez Flammarion) est toujours dans les meilleures ventes françaises comme italiennes ou allemandes. Ce livre imagine la France de 2022 présidée par la Fraternité musulmane avec le PS et l’UMP contre le FN. Soit. C’est une œuvre de fiction. Mais que disent les chiffres sur la population musulmane de France quand bien même il y a des chiffres car la loi interdit les comptages ethniques, religieux.

La France comporte de nombreux immigrants musulmans avec une descendance nombreuses. L’enquête de l’INED Trajectoires et Origines (TeO) de mars 2010 sur les 18-50 ans montre que les enfants de deux parents immigrés, hors les Portugais, sont selon leur nombre par ordre décroissant, originaires du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et de Turquie et en pourcentage d’origine de l’ordre inverse de ces pays. Plus les immigrés sont jeunes, plus les pays cités sont représentés (25% des 36-50 ans, 35% des 26-35 ans, 40% des 18-25 ans). Cependant, avec l’effet générationnel, les immigrés se rapprochent de la moyenne nationale de ménages de 2,3 personnes. L’immigration change de visage. En 2012 (Insee Première n°1524, novembre 2014) 46% des immigrants sont européens, 30% africains, 14% asiatiques, 54% sont des femmes, 63% ont des diplômes au moins du niveau bac.

Quant aux religions, le chiffrage est également interdit. À observer les chiffres officiels concernant l’islam, en 20 ans (Bruno Etienne, sociologue, en 1989 : 2.5 millions, Michèle Tribalat, démographe, en 2003 : 3.7 millions, estimation 2012 : 5 millions), le nombre de musulman augmente de 125 000 par an… ce qui est peu possible compte tenu d’un solde migratoire sur cette époque de l’ordre de 100.000 par an sauf conversions en nombre. Sauf aussi à imaginer que face aux 200.000 immigrants annuels de 2004 à 2012 (Insee Première n°1524, novembre 2014), les 100.000 émigrants (et les décédés) sont très majoritairement non musulmans. Le nombre de 5 millions est sujet à caution.

Selon l’INED (juillet-août 2008) la pratique du catholicisme est en déclin : 8% des femmes catholiques (56% de la population, CSA 2012) assistent à une messe au moins deux fois par mois en 2008 (7% Ifop 2012), 35% des hommes musulmans vont au moins deux fois par mois à la mosquée. Or le catholicisme est déclinant (« une déchristianisation brutale en 50 ans », La Croix, 10 octobre 2012) alors que la pratique de l’islam se répand rapidement et visiblement. La simple lecture de ces chiffres laisse imaginer que le nombre de pratiquants de ces deux religions sera effectivement identique d’ici une décennie.

Je repars en plongée. Rendez-vous la semaine prochaine … pour démontrer l’inverse.