Chaque semaine depuis 2013, je publie dans wwww.latribune.fr une chronique. En voici le lien direct http://www.latribune.fr/blogs/signa... . Le texte de la chronique publié peut avoir quelques différences avec le texte transmis.

Une source d’émetteurs de signaux faibles

L’une des principales sources de signaux faibles est la finance. Investir – ou désinvestir – demande un pari sur le futur. Et dans cette chronique, il ne s’agit pas de futur à 6 jours ou 6 semaines, mais à 6 ans ou 16 ans. Ces mouvements se lisent dans les placements et les retraits d’investisseurs.

Les investisseurs extérieurs sont à la recherche de placements profitables. Ainsi le fonds Berkshire Hathaway de Warren Buffet investit essentiellement dans des activités industrielles « fondamentales » que le sage d’Omaha « comprend sans explications sophistiquées ». Ainsi Preussag (sidérurgiste allemand) quitte l’industrie lourde en 1997 pour devenir TUI en 2002, l’un des grands du tourisme mondial.

Plus proche de nous, PPR – issu du bois - s’est séparé successivement de ses activités de distribution à moindre marge (CFAO, le Printemps, Conforama, la FNAC, Redcats - la Redoute – cédée ces jours-ci) pour se renforcer dans le luxe (récemment l’horlogerie-joaillerie) et dans le « sport et mode de vie » (Puma, Volcom). La marge de quelques pour cent a été remplacée par de la marge à 15, 25%, voire plus. PPR est devenu Kering. De franco-français, Kering est devenu mondial. Ces investisseurs ont des buts différents : placement à long terme, se séparer d’une industrie en perte de vitesse, dégager de la marge en industriel. Rien ne garantit le succès : TUI souffre du dynamisme d’Internet, Puma et Volcom n’ont pas tenu leurs promesses. Je recommande aux chercheurs de signaux faibles de suivre ces anticipateurs.

Les investisseurs intérieurs Depuis quelques années, les industriels sont en mutation profonde : par exemple la chimie. Deux des plus grands acteurs mondiaux de la chimie, DuPont et Dow Chemical vont se séparer en deux. La chimie traditionnelle, basique, avec ses produits vivement concurrencés et ses marges autour de 5% va être cédée au profit d’activités à marges autour de 20% et des produits protégés par des brevets comme les semences agricoles dont les OGM, et d’autres produits. Quant au chimiste belge Solvay, propriétaire de Rhodia depuis 2011, son principal axe d’investissements est la révolution des gaz de schistes. Ce sont des dizaines de sites de production qui sont concernés, des milliers d’emplois qui vont se créer, des confirmations de signaux faibles. Les positions françaises sur ces deux sujets – OGM et gaz de schistes - ne doivent pas faire perdre de vue que le monde peut tourner différemment. La France est – encore - premier exportateur mondial de semences devant les Etats-Unis ! Ses semenciers travaillent surtout hors de France.

Je repars en plongée. Rendez-vous la semaine prochaine … pour démontrer l’inverse.