Chaque semaine depuis 2013, je publie dans wwww.latribune.fr une chronique. En voici le lien direct http://www.latribune.fr/blogs/signaux-faibles/20140414trib000825207/la-generation-alpha-est-deja-la-.html . Le texte de la chronique publié peut avoir quelques différences avec le texte transmis.

La génération alpha est déjà là

Dans La Tribune n°79 du 21 février, j’expliquais comment nous sommes passés de l’Anthropocène au Robotcène, de l’ère où l’homme a dominé la nature à l’ère où la machine est dans la complémentarité intime de l’homme. Plusieurs signaux faibles ont étayé cette thèse.

L’un des signaux les plus évidents et le changement de génération.



La génération regroupe les individus ayant vécu autour de leur vingt ans des événements fédérateurs. On parle de la génération « Libération » née entre 1920 et 1930 ayant eu environ vingt ans à la Libération, en 1944. Ils vivent alors un événement fédérateur. Les générations d’après-guerre ont un âge plus tardif (25 ans) et sont plus longues. La génération baby-boomer est née entre 1945 et 1955, élargie à 1960/65, elle vit le début des Trente Glorieuses et de l’emploi pour tous. Ce sont les « soixanthuitards » qui se caractérisent aujourd’hui par son entrée en temps de retraite. Puis il y a eu la génération crise, la génération X (1960/65-1975/80), la première génération confrontée au chômage de masse, coincée entre la génération des boomers et bousculée par la génération Y. La génération Y ou génération Erasmus (1975/80-1990/2000) est le plus grand choc générationnel de l’humanité : pour la première fois, les enfants apprennent à leurs parents à se servir de leurs outils quotidiens, téléphones puis smartphones, ordinateurs puis tablettes. En entrant sur le marché du travail, cette génération impose aux entreprises le BYOD, le Bring Your Own Device, car elle a dans sa poche des outils plus perfectionnés que ceux que l’entreprise propose. Pour la première fois les salariés imposent des outils aux entreprises.

La génération qui suit, née en 1990/2000, est la génération alpha. Cette génération nait avec le smartphone et la tablette. Selon Common Sense Media (société californienne), 10% des moins de 2 ans ont utilisé un smartphone en 2011, 38% en 2013 ! À Noël dernier, les cadeaux ont été – lorsqu’ils étaient disponibles – la tablette Storio, Furby et Flying Fairy. Cette génération parle le « Google ». Leur prothèse de lien (avec les amis, l’information, le commerce) est en main, la connaissance est à portée de clic. L’enseignement s’inverse : apprendre à la maison, faire les exercices avec les enseignants en classe. L’école 42 de Xavier Niel en est un prototype, les élèves s’auto évaluent.

La génération alpha est une rupture avec … le lycée Napoléonien. L’anthropocène est révolu. Le savoir est un acquis, place à la création, à l’imagination, à l’émotion, à l’intuition. La génération alpha est le début d’un nouveau temps. Je repars en plongée. Rendez-vous la semaine prochaine … pour démontrer l’inverse.